par Michel Valdrighi, 2X ans, bonne à tout faire du web le jour, superhéros injustement méconnu la nuit.
Le bouddha de la Lumière Infinie, l’un des trois bouddhas du temple de Fo Guang Shan.
Toi, toi, et toi : je vous ai vus vous connecter sur FaceBook à diverses heures de la journée, parfois sur des durées de quinzaines de minutes, pendant votre temps de travail ouvré.
Je ne suis pas une balance, je veux juste savoir la réponse à la question qui me brûle les lèvres depuis : quelle quiche aztèque, quel superhéros injustement méconnu, et quel protozoaire êtes-vous ?
…Oh, je vous vois déjà essayer vainement de dénoncer mon bluff. Peine perdue.
C’est que FaceBook, via le chat intégré permet, à qui s’y connecte avec autre chose qu’un navigateur (dans mon cas, Adium), de surveiller très facilement les entrées et sorties de vos amis sur la plateforme.
Je viens d’observer d’un œil distrait le ballet de mes connaissances, pour voir. Sur une heure, on peut dégager d’intéressants profils d’utilisation, entre ceux qui se connectent l’espace de vingt secondes et ceux qui gardent le site ouvert en permanence dans un onglet. Qui est accro, qui est casual.
Le moment où vous avez perdu cet aspect de votre vie privée, c’est quand vous êtes devenu(e) mon ami(e).
Et soit le redesign me désoriente, soit j’ai besoin de nouvelles lunettes, soit il n’existe ni moyen de filtrer qui peut voir votre statut online, ni statut « invisible ». (Quand on peut ajouter son boss comme « ami », c’est fâcheux.)
Alors faisez comme moi, clickez sur le lien « offline » du chat avant de vous rendre au bureau s’il vous faut absolument, pendant vos heures de productivité intense, poker vos camarades et déterminer avec précision si vous êtes plutôt « string en dentelle de Maïté » ou « tablier de Maïtena Biraben ».
(Ou restez connecté(e), profitez que votre supérieur(e) ne sait pas encore qu’il/elle est fliqué(e) par le chat, et notez ses heures de connexion. Ça peut toujours servir.)
Bonus track : Grâce à Facebook, j’aime quand mes amis sont sales.
Chacun veut du réacteur d’émoi
La mise à feu
Pour un oui pour un non
Une voix
Chacun veut
Veut quitter le point mort
Et caché au fond
Mes amis
Gagner l’aéroportJean-Louis Murat, Gagner l’aéroport
Le 22 août, jour de typhon et de ping pong à Hong Kong : alerte de niveau 9 pour le typhon (ce qui n’était plus arrivé depuis cinq ans), diffusion non-stop du tournoi olympique de ping pong sur l’écran géant du Langham Mall où nous étions bloqués pour la journée.
Une belle loose, quand le voyage ne durait que quatre jours (le bon côté des choses, c’est qu’à un jour près, l’avion ne serait pas allé à Hong Kong).
À part ça, Hellboy a toujours une grosse main.
Le Bouddha de l’œuf de Pâques a une fort jolie moustache.
Une semaine pile poil après l’acquisition d’un iPhone première génération (quand je pensais, à tort, être encore engagé chez SFR pour de longs mois), je viens de faire l’acquisition d’un iPhone 3G dans une agence Photoservice.
(Alors qu’il y a quelques années je pestais contre l’irruption de stands Orange dans cette chaîne de magasins photo.)
Je ressors de l’agence un nouveau contrat en main, j’ai bien dit au conseiller que je voulais toute option anti-prospection (et il n’y en a pas, mais il y a une option opt-in), j’active mon téléphone vers 17h45 avec mon numéro temporaire.
À 18 heures, un SMS de bienvenue arrive, ça tombe bien je ne savais pas quel était le numéro (perpétuellement surchargé) de la hotline Orange.
À 18h44, SMS d’Orange. « 1 nouveau mail Orange, » je devine une nouvelle information de bienvenue. Mais non, c’est un spam ! Ça vient d’Extrafilm.fr, je suppose alors que si j’ai évité les fichiers de prospection d’Orange, je suis peut être dans ceux de Photoservice (mais pourquoi feraient-ils de la pub pour un concurrent ?).

Je rentre chez moi en ruminant contre cette inélégance précoce dans notre relation (SFR a bien attendu plusieurs années avant de se mettre au carpet bombing de pubs), mais en oubliant vite le désagrément.
Sitôt oublié, que le spam se rappelle à mon bon souvenir à 21h, cette fois c’est la Française des Jeux.

Quelle sollicitude chez Orange ! Après tout, je viens de claquer 149 euros, peut-être devrais-je aller gratter des Bancos et autres Black Jack pour me refaire ?
J’ai (naïvement ?) bon espoir de régler cette histoire avec la hotline…
Un jour je parviendrai à joindre quelqu’un.
Mais si recevoir un spam SMS toutes les 3 heures, et composer cent fois le 700, est le lot commun chez Orange, me voilà bien marri.
Après des années chez SFR, à force de donner mon numéro à tout bout de champ je pensais que le spam était en partie de ma faute. Mais là, les seules parties qui ont connaissance de mon numéro sont Orange et Photoservice : qui des deux traite son fichier clients aussi grossièrement ?
(Titre inspiré par ce morceau des canadiens Hṛṣṭa.)
Le pire dans les TMS c’est quand on s’aperçoit que si l’on n’a plus mal, ce n’est pas parce que ça s’est arrangé, mais parce qu’instinctivement on s’est mis à éviter l’effort avec ses bras et ses mains.
Éviter l’effort, en pratique c’est écrire moins, et plus concis. Ou passer en mode lecture seule.
Je vois des gens dans ma liste de contacts à qui je n’ai plus parlé depuis des mois, à qui je ne vais pas parler sauf si c’est nécessaire ; je ne sais pas si je tiendrais toute une conversation, physiquement.
J’avais des choses à écrire, j’ai laissé tomber (et déçu quelques attentes).
Des projets de code, en plan également (à la manière russe).
Parfois j’ai même l’impression que certains processus cognitifs s’arrêtent nets quand il s’agit de coucher leurs résultats sur le clavier.
(Peut-être que passer d’azerty au bépo au bureau arrangerait le petit temps de réadaptation que j’ai en revenant chez moi, qui a le don de me stresser prodigieusement les poignets.)
Je songe à dicter mes mots au cracheur de feu (mais c’est peu pratique quand on vit à deux, à moins de vivre avec une sourde).
Je regarde avec intérêt les développements récents en matière de contrôle par les ondes cérébrales ; un périphérique permet déjà de contrôler quelques jeux avec des signaux de base comme gauche, droite, sauter, etc. Quand la technologie sera plus affinée, il sera peut-être possible de penser des lettres et de les voir s’afficher instantanément. J’attends ce jour providentiel.
En attendant, j’ai peur d’aller faire un électromyogramme pour en savoir plus sur la nature de ces douleurs — peur de perdre espoir en une amélioration naturelle.
Il est rassurant de penser qu’en ces temps d’emprise grandissante de la télévision privée sur le lucratif marché de l’abêtissement de masse, la télévision publique reste une valeur sûre.
J’en veux pour preuve cette édition de C dans l’air sur France 5, intitulée sobrement « Internet : nuit gravement à la santé », au sujet en partie de l’assassin de sept personnes dans la rue au Japon.
Où dès la 3ème minute on met tranquillement sur le même plan le poker, les achats compulsifs sur internet, les jeux vidéos, et …la pédopornographie. Le reste est du même tonneau, une heure de sensationnalisme à deux balles.
J’en viens à me demander, si le type en question avait été juste fan de tuning (il a bien roulé avec son camion dans la foule), aurait on des sujets sur l’addiction maladive à la bombe de peinture et aux grosses baffles ? Dirait on que « sa passion pour les voitures l’a mené dans une folie meurtrière » ? (merci trem)
C’est dommage, il y avait une occasion de faire un débat intéressant sur le rapport des jeunes désaxés avec internet (à ce sujet, lire Parasites de Ryû Murakami), mais grâce à Yves Calvi et son insistance à faire passer les idées qu’il a déjà prévues pour le programme (internet = shoot de drogue dure, « où sont les parents » etc), l’intellect n’a pas eu droit de cité.
Mention spéciale à la question « Est-ce que les Japonais sont soucieux de la santé de leurs enfants ? »
Au bal des coupables ce soir, l’ouvreur a annoncé : les jeux vidéos, internet, les jeux de rôles (hey voilà un revenant), les parents, la pression sociale…
Une seule absente de taille : la télévision.
Normal, me direz-vous, puisqu’elle lutte contre les jeux vidéos et internet pour son espace vital. Et à ce jeu, aucun coup bas ne leur sera épargné.
S’il y a bien quelque chose que je rêvais de ramener d’Ouzbekistan, c’était une porte.
Par-dessus tout, je le constatai en rentrant à la maison, et le lendemain dans le préau de l’école, l’avait impressionné la distinction qu’établissait Kretzschmar entre les époques de culte et de culture ; et la remarque que la sécularisation de l’art, sa séparation d’avec l’office divin, n’avaient qu’un caractère superficiel et épisodique. L’élève de seconde supérieure se montrait ému à la pensée (point émise par le conférencier, mais elle s’était allumée en lui) que l’art du fait de sa dissociation d’avec l’ensemble liturgique, sa libération et son ascension jusqu’au plan solitaire personnel où la culture est une fin en soi, l’art, dis-je, s’était alourdi d’une solennité sans objet, d’une gravité absolue, d’un pathétique douloureux traduits sous une forme visible dans l’effrayante apparition de Beethoven sur le seuil de sa chambre ; et que cet état ne devait nullement rester son son destin permanent, sa disposition d’âme éternelle. Voyez-vous ce gamin ? Encore presque sans expérience pratique sur le terrain de l’art, il divaguait dans le vide avec une maturité précoce sur l’instant probablement imminent où le rôle actuel de l’art serait ramené à une échelle plus modeste, plus heureuse, au service d’une allégeance plus haute qui n’avait pas besoin d’être comme jadis une allégeance à l’Église. Quelle serait-elle ? Adrian n’en savait rien : mais la pensée que l’idée de culture était un phénomène historiquement transitoire, qu’il pourrait de nouveau se perdre dans autre chose, que l’avenir ne lui appartenait pas forcément, cette pensée, il l’avait certainement puisée dans la conférence de Kretzschmar.
– Mais il n’est d’autre alternative à la culture, interrompis-je, que la barbarie.
– Pardon ! fit-il. La barbarie n’est le contraire de la culture que dans le cadre de la hiérarchie de pensée que celle-ci nous propose. En dehors de cet ordre de pensée, le contraire peut être tout différent ou même ne pas être un contraire.J’imitai la mimique de Luca Cimabue en disant : « Santa Maria » et en me signant. Il eut un rire bref.
Une autre fois, il déclara :
– M’est avis qu’il est un peu trop question de culture à notre époque pour qu’elle soit véritablement une époque de culture, ne crois-tu pas ? Je voudrais savoir si aux périodes de culture authentique on connaissait seulement ce mot, on le prononçait ? La naïveté, l’ingénuité, l’aisance naturelle me semblent être le premier critère de la disposition d’esprit que nous désignons de ce nom. Ce qui nous fait défaut, c’est précisément la naïveté, et ce manque, s’il m’est permis d’en parler, nous frustre d’une barbarie colorée, parfaitement conciliable avec la culture, avec une très haute culture. Je veux dire : notre échelon est celui de la civilisation, état fort louable sans contredit, mais on ne saurait douter qu’il nous faudra devenir beaucoup plus barbares pour être à nouveau capables de culture. Technique et confort. Avec cela, on parle de culture, mais on ne l’a point.Thomas Mann, Le Docteur Faustus
Fanfare de la Garde Républicaine, amuse-gueule équestre de la Nuit des Musées.
Je fréquentais cette fille qui était plutôt bizarre dans son genre, elle avait des pointes de stylo à la place des mamelons.
Pendant l’amour, elle écrivait plein de trucs à l’encre bleue sur ma couette. La première nuit elle a écrit le forgeron le travaille et le façonne sur son fourneau, il lui donne une forme avec des marteaux et le forge à la force du poignet ; il a faim et perd ses forces, il ne boit pas
Puis, la deuxième nuit, elle a écrit d’eau et s’affaiblit. Le charpentier trace une ligne avec un stylo : il la façonne avec un rabot, il la délimite avec un compas, il lui donne une forme humaine, et la beauté d’un homme, pour vivre dans une maison. Il abat des cèdres ; ou bien il choisit un chêne ou un chêne vert et le fait pousser parmi les arbres
Je ne savais pas si elle le faisait exprès. Elle disait qu’elle ne s’en rendait pas compte. Ça me coûtait une fortune en pressing.
En tout cas, on a rompu un jour qu’elle est venue me voir et a vu de la forêt ; il plante un cèdre et la pluie le nourrit. Puis l’arbre devient du bois pour l’homme ; il en prélève une partie et se réchauffe, il entretient le feu et fait du pain ; et puis aussi il invente un dieu et l’adore. Il en brûle la moitié dans le feu ; avec l’autre moitié il mange de la chair, il fait rôtir de la viande, il en est fort content ; il se réchauffe aussi et il dit écrit sur ma couette. En rouge, cette fois. C’était l’écriture de sa sœur.
Bo Fowler, Trois histoires d’amour (in Les Nouveaux Puritains)
Les remparts de la cité musée Khiva, au coucher du soleil.
Les ocres vibraient à en couper le souffle.
2008
2007
2006
À l’aréoport.
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©2006-2008 Michel Valdrighi (Dinoblogueur -1235 avant LLM)
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