intraordinaire 

michel v mange des enfants.

par Michel Valdrighi, 3X ans, bonne à tout faire du web le jour, superhéros injustement méconnu la nuit.

2006 08 17

I see dumb people

L’apprentissage de l’imbécillité dans la culture de l’argent (VO), ou pourquoi (et pour qui) la jeunesse américaine est si inculte.
(via À l‘œil et à la langue)

“Je ne lis pas”, dit une étudiante de première année, sans être gênée le moins du monde. Il ne lui vient pas à l’esprit que déclarer une préférence pour ne pas lire dans une université, c’est comme se vanter d’avoir choisi de ne pas respirer dans la vie courante.

Luciana Bohne

21:29 | 0 commentaires | tags :

mots

plus barbares pour être à nouveau capables de culture

Par-dessus tout, je le constatai en rentrant à la maison, et le lendemain dans le préau de l’école, l’avait impressionné la distinction qu’établissait Kretzschmar entre les époques de culte et de culture ; et la remarque que la sécularisation de l’art, sa séparation d’avec l’office divin, n’avaient qu’un caractère superficiel et épisodique. L’élève de seconde supérieure se montrait ému à la pensée (point émise par le conférencier, mais elle s’était allumée en lui) que l’art du fait de sa dissociation d’avec l’ensemble liturgique, sa libération et son ascension jusqu’au plan solitaire personnel où la culture est une fin en soi, l’art, dis-je, s’était alourdi d’une solennité sans objet, d’une gravité absolue, d’un pathétique douloureux traduits sous une forme visible dans l’effrayante apparition de Beethoven sur le seuil de sa chambre ; et que cet état ne devait nullement rester son son destin permanent, sa disposition d’âme éternelle. Voyez-vous ce gamin ? Encore presque sans expérience pratique sur le terrain de l’art, il divaguait dans le vide avec une maturité précoce sur l’instant probablement imminent où le rôle actuel de l’art serait ramené à une échelle plus modeste, plus heureuse, au service d’une allégeance plus haute qui n’avait pas besoin d’être comme jadis une allégeance à l’Église. Quelle serait-elle ? Adrian n’en savait rien : mais la pensée que l’idée de culture était un phénomène historiquement transitoire, qu’il pourrait de nouveau se perdre dans autre chose, que l’avenir ne lui appartenait pas forcément, cette pensée, il l’avait certainement puisée dans la conférence de Kretzschmar.

– Mais il n’est d’autre alternative à la culture, interrompis-je, que la barbarie.
– Pardon ! fit-il. La barbarie n’est le contraire de la culture que dans le cadre de la hiérarchie de pensée que celle-ci nous propose. En dehors de cet ordre de pensée, le contraire peut être tout différent ou même ne pas être un contraire.

J’imitai la mimique de Luca Cimabue en disant : « Santa Maria » et en me signant. Il eut un rire bref.

Une autre fois, il déclara :
– M’est avis qu’il est un peu trop question de culture à notre époque pour qu’elle soit véritablement une époque de culture, ne crois-tu pas ? Je voudrais savoir si aux périodes de culture authentique on connaissait seulement ce mot, on le prononçait ? La naïveté, l’ingénuité, l’aisance naturelle me semblent être le premier critère de la disposition d’esprit que nous désignons de ce nom. Ce qui nous fait défaut, c’est précisément la naïveté, et ce manque, s’il m’est permis d’en parler, nous frustre d’une barbarie colorée, parfaitement conciliable avec la culture, avec une très haute culture. Je veux dire : notre échelon est celui de la civilisation, état fort louable sans contredit, mais on ne saurait douter qu’il nous faudra devenir beaucoup plus barbares pour être à nouveau capables de culture. Technique et confort. Avec cela, on parle de culture, mais on ne l’a point.

Thomas Mann, Le Docteur Faustus

2008/05/30 00:47 | 0 commentaires | tags :

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