He’s got a Ctrl key from an old keyboard, and every now and again he’ll re-discover it in a drawer or under a plate of Chinese food or balanced on top of the tumble dryer, and he’ll turn to someone and hand them the key and say, “I think you need to take control.”
Stuart Langridge, Goodbye, Jono
Argh, je reçois le flambeau de Sunny en pleine poire.
Aussi, cinq huit neuf choses que vous ne savez pas sur moi :
(ou vous êtes sacrément bien informé(e))
- 1) Au temps où pratiquement personne en France n’avait de blog (fin 2000), j’ai failli me faire virer à cause du mien. J’y écrivais (en anglais) les frustrations que je rencontrais dans la journée au bureau, et mon tort (autre qu’exagérer un peu les situations) a été de bloguer au bureau. Un collègue a remarqué, a noté l’URL, et a à son tour exagéré ce que j’écrivais quand il a traduit les posts à mes chefs (qui ne pigeaient pas un mot d’anglais). Le lendemain mon chef a menacé de me virer, en arguant que ça donnait une mauvaise image de l’association (alors que mon nom n’apparaissait que dans le whois du domaine, et mon lieu de travail nulle part). J’ai mis les posts hors ligne, pour les remettre en ligne un ou deux mois plus tard dans l’indifférence générale.
Cet incident est l’une des raisons pour lesquelles j’écris sous mon vrai nom, depuis.
- 2) Je déteste avoir les mains poisseuses. Du coup, en cuisine je me rince et essuie les mains pratiquement tout le temps, et la recette qui devait prendre dix minutes en prend vingt (surtout s’il y a des œufs, ou de la viande à découper). Au lit, j’ai mis des mois à me défaire de ce dégoût.
- 3) À vingt sept ans, il y a beaucoup de choses que je ne sais toujours pas faire. Entre autres, monter à vélo (mon sens de l’équilibre est approximatif, mais je pense que je pourrais conduire une moto), conduire une voiture, nager autre chose que le crawl, et les œufs au plat. De toute façon je n’aime pas les œufs au plat, et sur Paris mon moyen de transport préféré reste mes pieds.
- 4) Les petites manies futiles me suivent depuis l’enfance. Quand je traversais la route, il ne fallait absolument pas que mes pieds sortent des bandes blanches ; quand je rencontrais un nouveau carrelage j’inventais des rêgles de déplacement ; dès que je voyais une plaque minéralogique il me fallait arriver à une égalité avec les chiffres présents (exemple : 2801 → 8 puissance 0 font 1, 2 moins 1 font 1) ; quand je tape un texte je n’ai pas de repos si le curseur de la souris n’est pas aligné parfaitement avec la ligne (si un bout du curseur doit dépasser de la ligne plus que l’autre bout, il faut que ce soit celui du bas) et idéalement positionné près d’un bord de la zone de texte de façon à former une sorte de carré. (Je viens d’ailleurs de m’en assurer.)
À coté de ça, je suis très bordélique.
- 5) 2003 a presque été la pire année de ma vie. Au chômage, au fond de la dépression, et accro à un MMORPG (16 heures par jour vers la fin), il s’en est fallu de peu que je ne regresse au stade de grand nourrisson / gamer / nolife, tant je me complaisais dans cette situation chez mes parents. Je ne sortais plus, ne répondais plus vraiment aux appels de mes amis sur place, je ne bloguais plus, ne répondais plus aux emails.
Le temps d’une période de downtime du serveur de jeu, j’ai surfé un peu et lu sur un blog que son auteur cherchait un nouvel appareil photo numérique. J’ai regardé les liens qu’il avait fait pour comparer différents modèles, me suis dit pourquoi ne pas en avoir un (et faire quelque chose de ces royaux 600 ou 700 euros de chômage mensuels), et suis devenu l’acquéreur d’un Ricoh Caplio G3.
Quand l’appareil est arrivé, je suis sorti et j’ai shooté sans attendre grand chose de l’expérience (et en me disant qu’entre temps la guilde avait peut être besoin de moi). À ma grande surprise, j’ai aimé créer des images (et je n’avais que les 8 Mo de l’appareil comme stockage, la carte 64 Mo n’est arrivé que le surlendemain).
J’ai ouvert un compte sur deviantart.com et posté mes premières photos. J’ai arrêté progressivement de jouer au MMORPG, j’ai recommencé à répondre aux amis et aux emails… je suis sorti de la dépression.
Bonus tracks :
- 6) Je suis sorti avec une des « filles les plus trash du net ». D’ailleurs, autant que je fasse mon coming out qui risque d’en choquer quelques uns : je suis hétéro.
- 7) Bloguer a changé ma vie (on ne dirait pas comme ça). Si je n’avais pas blogué, je n’aurais pas connu Stephanie Booth, qui m’a présenté à une communauté de blogueurs francophones en août 2003, communauté où j’ai connu Mr Peer qui m’a mis en relation avec Laurent Gloaguen plus tard, avec qui je travaille maintenant depuis deux ans et demi. Si je n’avais pas blogué, je n’aurais pas développé b2 et laissé mon nom sur la toile. Etc etc.
- 8) Je suis Bac+0, et j’ai redoublé ma terminale avec mon bac dans la poche. Trop long à expliquer pour une simple bonus track.
- 9) J’ai du sang bleu suédois dans mes ancêtres. Quand je dis une bêtise, j’invoque la blondeur ancestrale.
Bon, après autant de révélations sur ma personne, je refile le bébé à Mnémo, kwyxz, Nacara, Beleg (a t-il un passé caché de porteur de casquette ?), et puisque je veux apprendre qu’il héberge en secret deux angoras et un persan, Laurent (oops, déjà fait) et Dr Dave !
You love me, you really love me!
Ma photo Noël dans la matrice a été publiée sur le FlickrBlog !
Merci Heather !
Hier matin, elle est une silhouette noire sur mon aube.
Hier soir, je reprends avec elle le chemin de notre premier soir, le brouillard en moins.
Aujourd’hui, je chante I’ve got you under my skin sous la douche.
À la pêche à la ligne ambidextre, j’ai peur de perdre un bras.
“Did you do something wrong? Are you afraid of something? Whatever it is, let me help.
— ‘Let me help.’ A hundred years or so from now, a novelist will write a classic using that theme. He’ll recommend those three words even over ‘I love you.’”
Star Trek, The City on the Edge of Forever (via)
Entre deux microréveils, une plage. Sur la plage, un homme et une femme ont dansé et chanté We mostly have legs sur l’air de You only live twice. Ils avaient cinq jambes et un bras.
Parce qu’en ce moment, je bouge je bouge je bouge je bouge je bouge, mais je n’accomplis rien ?
Sentir les âmes damnées le goudron chaud fondre sous mes sabots mes pieds, cracher des flammes éternuer un coup sous la terre morte le soleil neuf: j‘ai 27 ans le jour du chiffre de la bête, il fait presque beau, et je me demande si The Hellboys ont tous une grosse main.
Eins
Hier kommt die Sonne
Zwei
Hier kommt die Sonne
Drei
Sie ist der hellste Stern von allen
Vier
Und wird nie vom Himmel fallen
Rammstein, Sonne
J’ai envie de vous dire « ça ira. »
« Et encore une fois, superbe container ! »
« Et en France, tes amis te posent des questions ? »
Elle est sur le point de dire oui mais, ensuite, elle se ravise ; elle veut être exacte et parle lentement : « Bien sûr que non ! Mais quand les gens se voient souvent, ils supposent qu’ils se connaissent. Ils ne se posent pas de questions et n’en sont pas frustrés. S’ils ne s’intéressent pas les uns aux autres, c’est en toute innocence. Ils ne s’en rendent pas compte.
— C’est vrai. Ce n’est qu’en revenant au pays après une longue absence qu’on est frappé par cette évidence : les gens ne s’intéressent pas les uns aux autres, et c’est normal.
— Oui, c’est normal.
— Mais je pensais à autre chose. Non pas à toi, à ta vie, à ta personne. Je pensais à ton expérience. À ce que tu avais vu, à ce que tu avais connu. De cela, tes amis français ne pouvaient avoir aucune idée.
— Les Français, tu sais, ils n’ont pas besoin d’expérience. Les jugements, chez eux, précèdent l’expérience. Quand nous sommes arrivés là-bas, ils n’avaient pas besoin d’informations. Ils étaient déjà bien informés que le stalinisme est un mal et que l’émigration est une tragédie. Ils ne s’intéressaient pas à ce que nous pensions, ils s’intéressaient à nous en tant que preuves vivantes de ce qu’ils pensaient, eux. C’est pourquoi ils étaient généreux envers nous et fiers de l’être. Quand, un jour, le communisme s’est écroulé, ils m’ont regardé, fixement, d’un regard examinateur. Et alors, quelque chose s’est gâté. Je ne me suis pas comportée comme ils s’y attendaient. »
Milan Kundera, L’ignorance