intraordinaire 

michel v mange des enfants.

par Michel Valdrighi, 3X ans, bonne à tout faire du web le jour, superhéros injustement méconnu la nuit.

mots

l’ignorance

« Et en France, tes amis te posent des questions ? »

Elle est sur le point de dire oui mais, ensuite, elle se ravise ; elle veut être exacte et parle lentement : « Bien sûr que non ! Mais quand les gens se voient souvent, ils supposent qu’ils se connaissent. Ils ne se posent pas de questions et n’en sont pas frustrés. S’ils ne s’intéressent pas les uns aux autres, c’est en toute innocence. Ils ne s’en rendent pas compte.

— C’est vrai. Ce n’est qu’en revenant au pays après une longue absence qu’on est frappé par cette évidence : les gens ne s’intéressent pas les uns aux autres, et c’est normal.

— Oui, c’est normal.

— Mais je pensais à autre chose. Non pas à toi, à ta vie, à ta personne. Je pensais à ton expérience. À ce que tu avais vu, à ce que tu avais connu. De cela, tes amis français ne pouvaient avoir aucune idée.

— Les Français, tu sais, ils n’ont pas besoin d’expérience. Les jugements, chez eux, précèdent l’expérience. Quand nous sommes arrivés là-bas, ils n’avaient pas besoin d’informations. Ils étaient déjà bien informés que le stalinisme est un mal et que l’émigration est une tragédie. Ils ne s’intéressaient pas à ce que nous pensions, ils s’intéressaient à nous en tant que preuves vivantes de ce qu’ils pensaient, eux. C’est pourquoi ils étaient généreux envers nous et fiers de l’être. Quand, un jour, le communisme s’est écroulé, ils m’ont regardé, fixement, d’un regard examinateur. Et alors, quelque chose s’est gâté. Je ne me suis pas comportée comme ils s’y attendaient. »

Milan Kundera, L’ignorance

2006/06/02 04:48 | 0 commentaires | tags :

le grand nez de Zdena

Mais est-ce que cela comptait, qu’elle fût laide, puisqu’il n’avait pas couché avec elle depuis vingt ans ?

Cela comptait : même de loin, le grand nez de Zdena jetait une ombre sur sa vie.

Il y a des années, il avait une jolie maîtresse. Un jour, elle était allée dans la ville où habite Zdena et elle en était revenue contrariée : « Dis-moi, comment as-tu pu coucher avec cette horreur ? »

Il avait déclaré ne la connaître que de loin et il avait nié énergiquement avoir eu une liaison avec elle.

Car le grand secret de la vie ne lui était pas inconnu : Les femmes ne recherchent pas le bel homme. Les femmes recherchent l’homme qui a eu de belles femmes.

Milan Kundera, Le livre du rire et de l’oubli

2006/05/18 23:15 | 0 commentaires | tags :

meule de foin

le passé

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