intraordinaire 

michel v mange des enfants.

par Michel Valdrighi, 3X ans, bonne à tout faire du web le jour, superhéros injustement méconnu la nuit.

mots

la photographie d’un sourire

Il se pencha et prit une photographie sur le bureau. Il regarda le visage sur la photo et sourit. Comme un bébé qui reconnaît un visage familier. Il regarda le visage et sourit. Le visage souriait, lui aussi. Il souriait avant qu’il ne sourie lui-même et il continuerait à sourire s’il s’arrêtait d’en faire autant. La personne sur la photo souriait quand on l’avait photographiée. Quand on avait pris la photo, le sourire était entré dans la photographie. Le sourire de la photographie n’était pas un vrai sourire mais la photographie d’un sourire. L’appareil photo n’avait pas pris le sourire en photo, mais la photographie du sourire. Il savait que la photographie n’était qu’une photographie mais que le sourire sur le visage de la personne photographiée était sincère et qu’il venait de l’intérieur.

Il posa la photographie sur le bureau et l’observa. Bien qu’il n’en fût pas l’auteur, il possédait la photographie. Il pouvait la regarder et lui sourire ou bien la regarder et ne pas lui sourire. Il n’était même pas obligé de la regarder :il était libre. Il se leva, jeta un coup d’œil alentour et sourit.

Tandis qu’il souriait, il lui semblait que son sourire était bien réel. Ce n’était pas la photographie d’un sourire mais un réel sourire, un sourire qui naissait en-dedans et se propageait au-dehors. Il venait du plus profond de lui-même, s’épanouissait sur ses lèvres, et se répandait partout dans la pièce. Le sourire était réel et la pièce aussi était réelle. Rien n’était réel auparavant et à présent, tout était réel. Absolument tout.

Daren King, Le mieux est l’ennemi du bien (in Les Nouveaux Puritains)

2007/11/03 09:41 | 0 commentaires | tags :

le sourire de Jirô

Lorsque Jirô devait faire face à la bêtise, résister aux complications et aux non-sens, c’était toujours la même expression qu’il arborait, ce même sourire, ce sourire silencieux qui seul lui venait aux lèvres.

[…]

Cette réserve de Jirô, par laquelle, d’un sourire, il pensait tout régler et se faisait fort de faire comprendre aux autres combien sa position était difficile, agaçait profondément Kagawa. Jirô évitait volontairement les mots gentils, se voulait loin de tout mouvement politique ; il s’enfermait tout seul dans la tour d’ivoire de sa pureté, fuyant hâtivement devant la réalité des souffrances des autres. Il était évident, par exemple, que sourire à un camarade après lui avoir ordonné, en usant de son pouvoir de sanction, quarante minutes de position réglementaire à même le plancher, risquait de paraître ironique. Mais Jirô savait, lui, que son beau sourire ne pouvait en aucun cas donner une telle impression. Et, pour Kagawa, ce genre de certitudes était l’expression même de l’orgueil.

Yukio Mishima, Ken (in Pèlerinage aux Trois Montagnes)

2007/02/11 11:13 | 0 commentaires | tags :

meule de foin

le passé

et vous êtes ?

À l’aréoport.

pouvoirisé par

WordPress et une équipe de hamsters joviaux
…et des poneys !

©2006-2016 Michel Valdrighi (Dinoblogueur -1235 avant LLM)
contact : michel point (la vingt deuxième lettre de l'alphabet) @ (la lettre juste après le F) mail point com