intraordinaire 

michel v mange des enfants.

par Michel Valdrighi, 3X ans, bonne à tout faire du web le jour, superhéros injustement méconnu la nuit.

mots

la petite amie

Je fréquentais cette fille qui était plutôt bizarre dans son genre, elle avait des pointes de stylo à la place des mamelons.

Pendant l’amour, elle écrivait plein de trucs à l’encre bleue sur ma couette. La première nuit elle a écrit le forgeron le travaille et le façonne sur son fourneau, il lui donne une forme avec des marteaux et le forge à la force du poignet ; il a faim et perd ses forces, il ne boit pas

Puis, la deuxième nuit, elle a écrit d’eau et s’affaiblit. Le charpentier trace une ligne avec un stylo : il la façonne avec un rabot, il la délimite avec un compas, il lui donne une forme humaine, et la beauté d’un homme, pour vivre dans une maison. Il abat des cèdres ; ou bien il choisit un chêne ou un chêne vert et le fait pousser parmi les arbres

Je ne savais pas si elle le faisait exprès. Elle disait qu’elle ne s’en rendait pas compte. Ça me coûtait une fortune en pressing.

En tout cas, on a rompu un jour qu’elle est venue me voir et a vu de la forêt ; il plante un cèdre et la pluie le nourrit. Puis l’arbre devient du bois pour l’homme ; il en prélève une partie et se réchauffe, il entretient le feu et fait du pain ; et puis aussi il invente un dieu et l’adore. Il en brûle la moitié dans le feu ; avec l’autre moitié il mange de la chair, il fait rôtir de la viande, il en est fort content ; il se réchauffe aussi et il dit écrit sur ma couette. En rouge, cette fois. C’était l’écriture de sa sœur.

Bo Fowler, Trois histoires d’amour (in Les Nouveaux Puritains)

2008/05/08 19:51 | 0 commentaires | tags :

la photographie d’un sourire

Il se pencha et prit une photographie sur le bureau. Il regarda le visage sur la photo et sourit. Comme un bébé qui reconnaît un visage familier. Il regarda le visage et sourit. Le visage souriait, lui aussi. Il souriait avant qu’il ne sourie lui-même et il continuerait à sourire s’il s’arrêtait d’en faire autant. La personne sur la photo souriait quand on l’avait photographiée. Quand on avait pris la photo, le sourire était entré dans la photographie. Le sourire de la photographie n’était pas un vrai sourire mais la photographie d’un sourire. L’appareil photo n’avait pas pris le sourire en photo, mais la photographie du sourire. Il savait que la photographie n’était qu’une photographie mais que le sourire sur le visage de la personne photographiée était sincère et qu’il venait de l’intérieur.

Il posa la photographie sur le bureau et l’observa. Bien qu’il n’en fût pas l’auteur, il possédait la photographie. Il pouvait la regarder et lui sourire ou bien la regarder et ne pas lui sourire. Il n’était même pas obligé de la regarder :il était libre. Il se leva, jeta un coup d’œil alentour et sourit.

Tandis qu’il souriait, il lui semblait que son sourire était bien réel. Ce n’était pas la photographie d’un sourire mais un réel sourire, un sourire qui naissait en-dedans et se propageait au-dehors. Il venait du plus profond de lui-même, s’épanouissait sur ses lèvres, et se répandait partout dans la pièce. Le sourire était réel et la pièce aussi était réelle. Rien n’était réel auparavant et à présent, tout était réel. Absolument tout.

Daren King, Le mieux est l’ennemi du bien (in Les Nouveaux Puritains)

2007/11/03 09:41 | 0 commentaires | tags :

meule de foin

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